Les robots collaboratifs sont-ils vraiment sûrs ?

Selon des rapports de la Fédération internationale de robotique (IFR), en 2017, à l'échelle mondiale, il y avait dans l'industrie manufacturière en moyenne 74 unités robotisées par 10 000 employés. Avec l'utilisation croissante de la robotique dans l'industrie, les fabricants doivent faire tout leur possible pour assurer la sécurité des travailleurs.

Les robots industriels sont traditionnellement considérés comme des machines dangereuses qui effectuent les tâches sales, ennuyeuses ou dangereuses sur une chaîne de production, et sont souvent placés dans une cage pour éviter de blesser des travailleurs humains. Cependant, il existe des tâches qui nécessitent la répétabilité d'un robot et la dextérité d'un humain, une combinaison que les gros robots industriels ne peuvent pas accomplir seuls.

Dans les années 1990, les fabricants ont commencé à introduire des robots industriels capables de travailler en toute sécurité avec des humains. Ces robots collaboratifs sont conçus pour être plus petits, plus légers et plus sûrs que les robots industriels traditionnels.

De nos jours, les usines utilisent des cobots capables de travailler aux côtés voire directement avec des humains, afin d'améliorer la productivité dans des tâches diverses, telles que le levage, l'assemblage, l'inspection et la manipulation de matières dangereuses. Cependant, alors que de plus en plus de machines sortent de leurs cages, les fabricants ne peuvent pas présumer que les cobots sont intrinsèquement sûrs.

Conformité aux normes

La norme ISO/TS 15066 a été introduite en 2006 afin de s'assurer que toutes les machines considérées comme collaboratives répondent à certaines exigences de sécurité. Selon la réglementation, les cobots doivent disposer d'au moins un dispositif de sécurité, tel qu'un arrêt de sécurité surveillé, un guidage manuel, une surveillance de la vitesse et de la séparation ou une limitation de la puissance et de la force.

Si les fabricants souhaitent utiliser un robot dans un environnement collaboratif, ils doivent disposer d'au moins un de ces dispositifs de sécurité. Ainsi, si un robot entre accidentellement en contact avec un humain, il ne provoquera ni douleur ni blessure.

Évaluation des risques

Lors de l'introduction de tout nouvel équipement dans leur usine, les fabricants doivent procéder à une évaluation approfondie des risques. Cette évaluation doit prendre en compte l'ensemble de l'espace de travail collaboratif et examiner comment l'opérateur va interagir avec le robot. Les fabricants doivent prendre le temps nécessaire pour s'assurer qu'ils évaluent les risques de chaque situation de contact potentiel entre l'opérateur et le cobot pour chaque tâche que le robot est destiné à réaliser.

Les ingénieurs doivent veiller à évaluer en détail chaque action que le robot effectuera. Une évaluation trop simpliste ne déterminerait pas avec précision le degré de sécurité du robot. Les fabricants doivent se baser sur le concept de sécurité « Aussi bas que raisonnablement possible » (ALARP). Cela signifie que les fabricants doivent prendre en compte tous les risques inhérents à une application robotique, pas seulement les principaux.

Par ailleurs, une fois l'évaluation terminée, l'évaluateur doit partager les informations avec les opérateurs. Les personnes qui utilisent la machine doivent connaître les risques potentiels. Après avoir détecté des dangers, les évaluateurs doivent également indiquer comment atténuer ces risques avec des contrôles. Les évaluateurs doivent également associer chaque danger à un contrôle, étape fréquemment omise lors des évaluations.

Compléments

Alors qu'un cobot est considéré comme plus sûr qu'un robot industriel encombrant, les fabricants doivent envisager l'usage de nouveaux dispositifs pour améliorer la sécurité et réduire les risques de blessure. Par exemple, un cobot peut être utilisé en toute sécurité autour de travailleurs humains, mais son outillage en bout de bras peut être dangereux s'il comprend un couteau ou un outil de soudage.

Tandis que les robots peuvent remplacer les humains dans des tâches dangereuses, les fabricants ne doivent pas présumer qu'ils suppriment les risques de blessure. Les fabricants doivent prendre le temps de s'assurer que les robots qui pénètrent dans un espace de collaboration partagé avec des travailleurs humains ne font pas plus de mal que de bien.

Share